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Le transport solide - Les causes de l'incision

A l’état naturel, la Drôme est une rivière divagante, présentant de nombreuses zones de tressage et de méandrage, liés à un transport solide important, capable de modifier très souvent la physionomie de la rivière.

On trouve encore ce phénomène sur quelques secteurs, dits en tresse, où la rivière est encore capable de divaguer dans un lit majeur non contraint, comme c’est le cas sur les secteurs non endigués de la Réserve Naturelle des Ramières. Cependant, différents phénomènes, naturels ou anthropiques ont conduit à une modification du transport solide et a une incision quasi-généralisée du lit de la rivière et de ses affluents.

 



L’incision importante, de 2 à 5 mètres par rapport au profil de 1928, d’une grande partie du linéaire des cours d’eau est un phénomène difficile à apprécier, résultant de la combinaison de multiples facteurs :

  • Pendant de nombreuses années, de 1950 à 1993, d’énormes quantités de matériaux ont été extraits du lit de la rivière. Certaines années, 250 000 m3 de matériaux étaient prélevés  du lit mineur alors que la production de matériaux de la Drôme n’était que de 40 000 m3 par an.
  • La végétalisation des versants, soit naturellement suite à la déprise agricole, soit suite aux travaux de stabilisation de terrains de montagne menés par l’ONF, a entrainé une forte diminution de l’érosion des versants et donc des apports de matériaux dans les cours d’eau.
  • L’adoucissement du climat au cours du 20ème siècle a entrainé une diminution du phénomène érosif ainsi que la raréfaction des grosses crues morphogènes.
  • Les grands travaux d’endiguements de la rivière, depuis la fin du 18ème siècle, ont entrainé une chenalisation de la Drôme sur une grande partie de son cours. Il en résulte une concentration des écoulements (augmentation de la vitesse) et une diminution du méandrage (entrainant une augmentation de la pente) qui va augmenter le phénomène d’érosion puis l’incision du fond du lit.
  • La stabilisation des berges, soit par développement de la végétation alluviale, soit par mise en œuvre de travaux de protection, entraine une diminution du potentiel de berges érodables, limitant ainsi les apports de matériaux dans la rivière.

Les différentes études réalisées, estiment que le déficit global en matériaux du lit de la rivière, par rapport à la situation de 1928, avoisine les 8 millions de m3.

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Destruction du pont des chênes