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L'entretien - Les seuils rustiques piscicoles


Autre opération de valorisation des cours d’eau : les seuils rustiques « piscicoles »

Sur de nombreux cours d’eau du bassin versant de la Drôme, le SMRD réalise de petits ouvrages en bois aux applications multiples : les seuils rustiques piscicoles.

Ces seuils sont d’une réalisation simple et peu onéreuse : deux troncs pris sur place sont disposés en travers du lit du cours d’eau, perpendiculairement au sens du courant et bien calés sur chaque berge.
Ces troncs vont servir de support à d’autres troncs plus petits disposés cette fois dans le sens de l’écoulement.
Pour finir, l’ensemble est recouvert par un empierrement et seule reste visible la petite chute d’eau au bout de l’ouvrage.

Avantages des seuils :

  1. Ils vont permettre de stabiliser le lit de la rivière. En effet, de nombreux cours d’eau connaissent une tendance à l’incision (enfoncement du lit de la rivière). Les seuils piscicoles, en créant un point dur dans le lit, vont permettre de stopper cet enfoncement. Ils peuvent également être mis en place pour la stabilisation de passages à gué.
  2. Ces seuils vont permettre une diversification du faciès de la rivière et assurer une mise en valeur piscicole : en effet, de par leur conception, ces seuils vont créer une cache à poissons sous l’ouvrage, mais vont également permettre une oxygénation de l’eau au niveau de la petite chute en bout d’ouvrage. Enfin, le trou d’eau présent à l’aval pourra servir de refuge aux populations piscicoles, en particulier au moment des périodes d’étiage.
  3. Ces seuils vont permettre de diminuer la violence des crues puisque la chute d’eau et le trou à l’aval de l’ouvrage vont dissiper l’énergie des écoulements.

Limites des ouvrages :

  1. Les seuils piscicoles ne peuvent être construits que sur des cours d’eau de faible largeur (inférieur à 6 mètres).
  2. Les seuils nécessitent un encrage solide dans les berges qui ne peut être réalisé si celles-ci sont constituées de substrats rocheux ou si les cours d’eau présentent une mobilité latérale trop forte.
  3. Une surveillance régulière des ouvrages est nécessaire afin de vérifier l’état des encrages et la stabilité générale des ouvrages.

Mise en œuvre et phasage :

  • Des travaux préparatoires sont nécessaires afin d’enlever tous les obstacles (rochers, embâcles…) susceptibles de gêner la mise en place du seuil.
  • La première phase du chantier consiste à réaliser un encrage sur chaque berge, cet encrage qui devra avoir une profondeur d’un mètre permettra de disposer les troncs en travers de la rivière.
  • Deux troncs, de préférence en bois imputrescible (châtaignier ou robinier), sont disposés dans les encrages, perpendiculairement au lit du ruisseau puis calés à l’aide de rochers. La hauteur entre le haut des troncs et le fil de l’eau ne doit pas excéder 30 cm afin de ne pas entraver la migration piscicole.
  • Un platelage est ensuite réalisé à l’aide de plusieurs troncs de petit diamètre, calés perpendiculairement aux troncs précédents, dans le sens du courant.
  • Un treillis soudé va ensuite être installé sur le platelage puis crampillonné afin de bien solidariser l’ensemble de l’ouvrage.
  • L’amont de l’ouvrage va être calé à l’aide de grosses pierres afin que celui-ci ne se retourne pas en cas de crues. L’ensemble du seuil est ensuite recouvert de matériaux pris sur place.
  • Lors des périodes de hautes eaux, le seuil va se colmater, ne laissant apparaître qu’une petite chute à l’aval de l’ouvrage


Mise en place du tronc




Mise en place du remblais




Mise en place du treillis soudé




Seuil piscicole finalisé