Le plan de gestion des ressources stratégiques

Les eaux souterraines sont les principales ressources en eau potable pour les populations du bassin versant de la Drôme. Elles sont identifiées comme étant en bon état chimique global. Mais localement, des dépassements de valeurs seuils sont notés, notamment pour le paramètre nitrate. Sur ces secteurs, la qualité est à reconquérir.

Les SDAGE 2010-2016 et 2016-2021 ont pointé trois masses d’eau souterraines du territoire comme pouvant être qualifiées de ressources stratégiques pour l’usage eau potable : les Calcaires crétacés du massif du Vercors, les Molasses miocènes du Bas Dauphiné entre les vallées de l'Ozon et de la Drôme et les Alluvions de la Drôme à l'aval de Crest. Sur le périmètre des Ressources stratégiques, l’objectif est d’assurer la disponibilité sur le long terme de ressources suffisantes en qualité et en quantité pour satisfaire les besoins actuels et futurs d’approvisionnement en eau potable des populations (réseaux collectifs et approvisionnements individuels).

Sur la nappe Drôme/Rhône de la basse vallée, un travail technique et politique a été mené par la CLE, via sa commission thématique « Gestion du déficit quantitatif et qualité », entre mars 2010 et 2017, pour faire le point sur les besoins futurs, les usages en place et les mesures à prendre sur ces ressources. Le bassin versant de la Drôme et sa nappe d’accompagnement sont une ZRE (Zone de répartition des eaux) et la CLE a validé un PGRE qui préconise de réduire les prélèvements estivaux de 15% d’ici 2019. Pour ce qui est de la ressource disponible, la vocation départementale voire régionale des ressources stratégiques n’a pas été retenue.

Sur quelles zones?

Sur ces zones très larges, des zones de sauvegarde plus restreintes ont été délimitées et doivent être préservées en qualité et en quantité pour subvenir aux besoins des générations futures. Ces zones de sauvegarde peuvent être de deux catégories :

Zones de sauvegarde exploitées (ZSE) :

ressource déjà fortement sollicitée dont l’altération poserait des problèmes immédiats pour les importantes populations qui en dépendent ; zones suffisamment vastes pour assurer sur le long terme la préservation de ces ressources

Zones de sauvegarde non exploitées actuellement (ZSNEA) :

ressource faiblement ou non sollicitée à ce jour mais à forte potentialité, et préservée à ce jour du fait de sa faible vulnérabilité naturelle ou de l'absence de pression humaine, mais à réserver en l'état pour la satisfaction des besoins futurs à moyen et long terme.

3 ZSE (sur Livron/Drôme, Loriol/Drôme et Allex) et 3 ZSNEA (sur Loriol/Drôme et Grâne) ont été identifiées par le croisement de trois critères techniques : qualité, productivité et occupation du sol, ainsi que des critères socio-économiques : usages et contraintes actuels, utilité probable de la zone pour une commune ou un réseau à proximité. Aucune zone de sauvegarde n’a été retenue au niveau de la nappe d’accompagnement de la Drôme à l’amont de Crest car la préservation par les périmètres de protection de captage a été jugée suffisante.

Sur le périmètre de ces Zones de sauvegarde, l’objectif est de réduire les pollutions connues, connaître et préserver la qualité de la nappe, assurer son équilibre quantitatif et conserver le potentiel d'implantation d'un captage d’eau potable sur les zones non exploitées actuellement, en particulier par la concertation et le partage de l’information.

La CLE a validé, le 4 avril 2018, un Plan de Gestion des Ressources Stratégiques (PGRS) sur les alluvions de la Drôme en aval de Crest, où la demande est la plus forte et la plus évolutive. La ressource y est également la plus sollicitée et les eaux de surface y sont les plus sensibles aux assecs. Ce plan liste les actions à mettre en œuvre sur les zones retenues.